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Trek d’une semaine dans les Haut-Atlas au Maroc (mai 2014)

J’ai eu la chance en mai 2014 d’avoir beaucoup de temps pour voyager. Je cherchais à faire plusieurs treks pas très loin de Paris en avion (2/3 heures). Ca faisait un moment que je voulais faire un bout des Atlas et après plusieurs recherches, je me suis décidé pour le Haut-Atlas. Comme de nombreuses personnes, ma cible a été le parc nationale du Toubkal et bien évidemment, l’ascension du Djebel Toubkal (4167m) qui est le plus haut sommet d’Afrique du nord. Mais pas que … Je vais vous raconter mon expérience en détails !

Il y a peu d’information sur les Treks possibles au Maroc car cela permet de protéger les activités locales comme les guides. C’est également pour la même raison que très peu de chemin est balisé. Ce sont pour ces raisons que de nombreuses personnes vous recommanderont de prendre un guide. Si vous décidez de partir seul sans l’aide d’un guide en semi ou autonomie complète comme je l’ai fait, soyez bien conscient des risques de la montagne …

Les étapes préliminaires

Etape 1 – Trouver le point de départ.

Il faut en effet trouver l’endroit où son trek va démarrer. Après quelques heures de recherche, j’ai compris que le village nommé Imlil était celui où démarrait plusieurs treks dont le chemin le plus classique pour faire l’ascension du Toubkal.

Etape 2 – Acheter les billets d’avion.

C’était donc parti, j’ai pu acheter un billet A/R à destination de Marrakech une semaine avant de partir pour environ 250€. J’avais 7 jours sur place, ce que j’avais trouvé largement suffisant pour ce trek. J’ai opté pour le billet le plus tôt de la journée, c’est-à-dire à 6h20 de mémoire, pour arriver avant 9h à Marrakech.

Etape 3 – Retirer de l’argent.

Ma première action sur place a été de retirer de l’argent à un distributeur situé dans l’aéroport. J’ai retiré 200€ et cela m’a largement suffit pour 5 jours en montagne et presque 2 jours pour visiter Marrakech. Il y a de meilleur façons d’échanger son argent mais je n’étais pas prêt à perdre du temps pour gagner 5€.

Etape 4 – Se rendre au point de départ sans se faire arnaquer.

En sortant de l’aéroport, il y avait de nombreux taxis dont certains chauffeurs qui n’ont pas attendu très longtemps pour me « sauter » dessus. Ils m’ont proposé de m’emmener à Imlil pour 800 Dirhams, soit pas loin de 80€. C’est une escroquerie totale, mais ce fut un premier bon exercice ! Ne dépensez pas plus de 30€ (soit 300 Dirhams) pour aller à Imlil qui est à environ 70KM de Marrakech. J’ai donc décliné leurs offres, et j’ai pris le bus pour le centre-ville pour 3€. J’ai demandé au chauffeur où étaient les taxis pour aller à Imlil et il m’a indiqué l’arrêt pour que je descende au bon endroit, tip tip !

Lorsque vous descendez, vous ne pourrez pas les manquer, il y a des dizaines de taxis. Personnellement, j’ai payé 30€ pour m’y rendre mais en négociant un peu, je suis certain que vous pouvez vous en tirer pour 20€. Bref, me voici dans le taxi, une vieille Mercedes rustique de plus de 750 000KM au compteur. Le chauffeur parle un peu français, très sympathique. Il comprend que je suis curieux et commence à m’expliquer un tas de petits détails sur le pays, les Atlas, les berbères, etc. J’arrive au bon endroit vers 11h. L’aventure va pouvoir commencer, Yatta 😉

Etape 5 – Trouver une carte.

Et oui, c’est bien beau de partir en montagne comme un grand tout seul mais sans carte, ni tracés GPS, ça va être chaud ! J’étais quasi certain que je pouvais acheter des cartes sur place. J’en ai trouvé une pour 8€. C’est assez élevé mais on ne vas pas chipoter sur ce que vous allez surement le plus toucher pendant quelques jours.

Etape 6 – Définir son tracé.

Tout ce que je savais avant de partir finalement, c’était que je voulais faire le Toubkal. Lorsque j’étais à Imlil, j’ai posé un tas de questions à différentes personnes, berbères et touristes, pour connaitre les chemins habituellement pris par les randonneurs, ce qu’il faut absolument voir, etc. Ce n’est pas aisé de définir son chemin lorsqu’on a du mal a évalué les informations reçues par rapport à son rythme et ses envies. Bref, ce n’est pas à ce moment que j’ai défini totalement mon tracé mais j’ai su qu’il fallait aller au refuge du Toubkal “Les Mouflons”. Voici ma carte (oui oui elle a servi …) et mon tracé magnifiquement réalisé par mes soins, tel un enfant de 5 ans :

Parcours au Maroc

 

Ce qui donne au final :

  • Jour 1 : Paris => Marrakech => Centre-ville => Taxi pour Imlil => Imlil => Refuge “Les Mouflons”
  • Jour 2 : Refuge “Les Mouflons” => Toubkal => Refuge “Les Mouflons => Lac d’Ifni
  • Jour 3 : Lac d’Ifni => Azib Likemt
  • Jour 4 : Azib Likemt => Tacheddirt
  • Jour 5 : Tacheddirt => Imlil => Asni => Marrakech

C’est un parcours où vous marcherez entre 8 et 10 heures par jour. Vous pouvez faire d’autres variantes en allant sur les autres grands monts des Atlas comme le Tizi n’Ouagane ou la Tete d’Ouanoums qui sont proches du Toubkal. Il y a aussi Oukaïmeden dans le nord que j’aurai surement fait avec une journée de plus.

Bref, j’ai adoré ce parcours et je vous le recommande fortement mais attention à ces points :

  • Avoir une très bonne condition physique (dénivelé / altitude) ;
  • Ne pas paniquer si vous êtes perdus au moins 10 fois par jour ;
  • Avoir cet esprit d’aventurier ;
  • Et avoir le minimum requis pour survivre en haute montagne …

Du Point jaune N°1 au N°2 – Départ d’Imlil pour se rendre au Refuge “Les Mouflons”

Une fois ma carte en main, je décide de me remplir le ventre avant de commencer mon périple. Il est très facile de trouver à manger à Imlil ; 90% des randonneurs démarrent par ce village. Une bonne omelette, du pain, quelques gâteaux et bien sûr de l’eau pour moins de 2 euros (priceless !). Il y avait deux berbères qui commençaient à préparer des tajines … Hummm … mais il fallait partir. Il était environ 11h et je voulais arriver au refuge avant qu’il fasse nuit.

Trouver son chemin !

Trouver le bon chemin en partant du village d’Imlil n’est pas simple. Il y a plusieurs chemins dans le village, vous ne savez pas forcément quelle direction prendre. C’est une très bonne chose me direz-vous car au final, cela sert d’exercice. Il suffit de demander à toutes les personnes que vous croisez la direction pour le Toubkal, et ils vous indiqueront le chemin avec plaisir ! Ce qu’il faut bien retenir, c’est que 95% des touristes dans cette partie des Atlas ne font qu’un aller-retour pour le Toubkal. Ils ne s’aventurent pas du tout, ce qui est bien dommage à mon sens.

Le chemin est assez long mine de rien, cela a dû me prendre un bon 4 heures pour arriver au refuge. Je vous conseille de faire bien attention au début après une bonne demi-heure lorsque vous passerez les villages de bien identifier le sentier que l’on peut voir au loin. Vous y trouverez près de ce sentier une pancarte indiquant le chemin. De toute façon, ne vous inquiétez pas, même si les chemins ne sont pas balisés, il y a beaucoup de touristes (étrangers ou Marocains) qui font l’aller-retour généralement sur 2 jours. Vous ne serez donc pas seul, loin de là !

Choisir le bon refuge.

J’ai fait la rencontre d’un anglais très sympathique avec qui j’ai fait le chemin jusqu’au refuge. Vous verrez, vous trouverez sur le chemin plusieurs vendeur de sodas et de jus d’orange frais. Ils sont souvent bien placés et à l’ombre ; un bon business ! Nous arrivons au refuge, faisons une rapide pause pour ensuite rejoindre le 2ème refuge. Oui, car il y a en fait deux refuges et ils sont juste à côté ! Il y a “Les Mouflons” et juste au dessus le “Nelter”.

Nous avions tout deux entendu chacun de notre côté qu’il ne fallait pas aller au refuge “Les Mouflons” par rapport à la courtoisie sans nom des patrons. Je peux vous assurer que ces rumeurs nous ont été confirmés rapidement. L’anglais avec qui j’ai fait le chemin s’est sauvé rapidement du refuge. Ils ont tenté de lui faire payer des choses qu’il ne le concernait pas … Bref, faites quelques pas supplémentaires pour vous rendre au Nelter.

Bivouac, c’est possible !

Cette soirée là, nous avons rencontré un couple d’italien super sympa et mordu de montagnes. Un très bon moment où nous avons partagé nos expériences de différents voyages. Concernant le bivouac, j’ai pu poser ma tente juste à côté du refuge, prendre une douche et prendre un repas chaud. Le « boss » du refuge m’a quand même fait payer le bivouac… 15 Dirhams mais c’est pour le principe 😉 J’étais d’ailleurs seul au monde, jusqu’à qu’un groupe de touriste de l’université de Marrakech me rejoigne. Super sympas les mecs mais ils ont oublié qu’à partir d’une certaine heure en montagne, on évite les téléphones et tous les bruits à la con …

Du Point jaune N°2 au N°3 – Ascension du Djedel Toubkal et nuit au lac d’Ifni

Etape 1 – Ascension du Djedel Toubkal !

Nous nous sommes levés vers 4h40 pour un départ vers 5h20, l’anglais, les italiens et moi-même. Nous étions quasi les premiers à partir, et c’était une très bonne chose car arrivés au sommet, il y a un monde fou. Cela devient donc difficile de prendre des photos, etc. Le départ depuis le refuge est relativement simple, c’est le chemin le plus emprunté. Il y a un dénivelé assez fort pour s’y rendre, faut tout de même avoir une petite condition physique. Concernant le dénivelé, il faut vraiment être vigilant. En 2 jours, passer de l’altitude Parisienne à celui du sommet du Toubkal n’a pas été simple pour moi. J’avais un sacré mal de tête lors des derniers efforts physiques !

A cette saison, fin-avril/début mai, il y a beaucoup de neige. Je n’avais pas pris mes crampons avec moi, c’était une erreur. J’ai quand même pu grimper jusqu’au sommet où les chemins étaient heureusement dégagés. Et à mon avis, il n’y a pas besoin de piolet pour s’y rendre, même si c’est totalement recouvert de neige. En revanche, couvrez-vous. Il fait vraiment froid en haut à cette période.

Concernant la vue, plus vous montez, plus ça devient intéressant. En toute franchise, c’est beau mais je n’ai été satisfait que lorsque nous sommes arrivés au sommet du Toubkal. Nous avions une vue 360 totalement dégagée … C’était magnifique comme vous pouvez le voir !

Etape 2 – Se rendre au lac d’Ifni, pas simple mais sacrée aventure !

Lorsque vous êtes au sommet du Toubkal, vous n’avez pas vraiment envie de retourner au refuge car cela fait un sacré détour. Je m’étais donc renseigné pour savoir s’il existait un passage et la réponse est oui. Cependant ce passage sur les crêtes est vraiment difficile, il faut être équipé de piolets et de crampons pour cette époque de l’année car il était pour moi totalement verglacé. J’ai donc pris la sage décision de repasser par le refuge. Mes trois compagnons devaient y retourner de toute manière, ils avaient terminé leur voyage.

Nous sommes arrivés au refuge vers 12h où j’ai pu me réapprovisionner correctement. C’est à ce moment de mon voyage dans les Atlas que j’ai fortement hésité à partir seul, sans guide (ce qui se fait très rarement là-bas), sur des chemins pas vraiment empruntés et non balisés, et dans des conditions pas forcément évidentes. Et puis m****, je suis parti !

Trouver le “bon” chemin !

Cette fois au lieu de bifurquer sur la gauche pour aller au sommet du Toubkal, il faut continuer tout droit en direction du sommet Oukaïmeden. Pour se rendre au Lac d’Ifni, il y a un petit sentier qui monte en lacets qu’il faut absolument identifier sur votre gauche. C’est le col Ounamous (3664m). Ce sentier, que j’ai bien évidemment loupé, vous permettra de franchir la crête et de descendre jusqu’au lac d’Ifni (2400m).

Au bout de deux heures, après avoir passé plusieurs fois le ruisseau, vous vous retrouverez sur une zone plutôt plate. Si vous êtes à cet endroit, c’est que vous avez manqué le col d’Ounamous à prendre pour le lac d’Ifni. J’étais pourtant sûr de mon coup, boussole à l’appui, et j’avais identifié le point de passage vers l’autre versant au loin. Bref, j’ai continué à avancer, je ne voyais toujours pas de chemin qui monte en lacets… Bref, je commence à escalader un peu au feeling vers cette direction. La neige est un vrai piège et peut cacher de sacrés trous … Et c’est à ce moment que j’étais content d’avoir des bâtons pour tâter le terrain.

Je commencé à me dire qu’il faisait tard, et que si je ne trouvais pas ce foutu chemin, il fallait prendre une décision rapidement : retourner au refuge ou poser sa tente sur une zone propice. J’étais à 5 minutes de faire marche arrière, et là miracle, je vois un plus haut une série de rochers bien alignés qui représentaient forcément le fameux chemin. Je grimpe, je grimpe … j’arrive à ces gros cailloux, et me voici sur le chemin !

Quel soulagement et bonheur … Quelques mètres plus loin, je fus sur la crête. J’ai regardé au loin, et j’ai vu un bout du fameux lac d’Ifni. Qu’est-ce que j’étais content et fier d’y être parvenu… Je commençais à être vraiment KO de ma journée, et cette satisfaction m’a redonné une pêche d’enfer 🙂

La descente vers le lac est vraiment sympa. Vous êtes entre les montagnes, vous changez de versants de temps en temps, vous longez la rivière et vous y verrez quelques chutes d’eau très belles. J’ai descendu en même temps qu’une bonne cinquantaine de chèvres. Ça m’a fait plaisir car j’étais seul depuis un petit moment. C’est toujours aussi impressionnant de voir ces chèvres escalader et descendre des pentes avec un dénivelé de dingue et à une vitesse folle. Bref, la descente est quand même assez longue, j’ai dû mettre pas loin de 2h30 et en y allant très fort. La vue à l’arrivée est splendide…

J’ai croisé quelques minutes un autre aventurier venant de Pologne. Lui aussi a eu une journée éprouvante, et il n’avait plus à manger et pas de tente. Il a donc du continuer sa marche environ deux bonnes heures pour se rendre au 1er village. Pour ma part, j’ai passé la soirée avec un guide et un charmant couple d’anglais venant de Cambridge. Il y a des emplacements pour poser sa tente juste à côté du Lac, ils sont abrités du vent et sont couverts. Et pour se doucher et se ravitailler, vous avez un énorme lac 🙂

Le guide que j’ai rencontré s’appelle Ibrahim et parle très bien français. Il m’a proposé de venir le rencontrer à nouveau si je passais par son village et de goûter sa tagine maison ! La proposition est venue naturellement pendant que nous étions tous les deux en train de manger du pain et des sardines (nourriture officielle des guides berbères des Atlas à priori !).

La journée se termine par un magnifique couché de soleil sur le lac d’Ifni pour laisser place quelques moments plus tard à l’un des plus beaux ciels que j’ai pu voir dans ma vie. Il y avait vraiment des milliers d’étoiles, un de mes meilleurs souvenirs des Atlas. Ce n’est pas avec mon petit appareil photo que vous pouvez voir tout ça mais bon … Imaginez !

Du Point jaune N°3 au N°4 – Direction le village d’Azib Likemt

Cette journée avait très bien démarrée en ayant bien dormi comparé à la nuit précédente au refuge du Toubkal. C’était super important car je savais que cette journée allait être très longue ! J’ai démarré à la frontale, le soleil commençait à éclairer le lac d’Ifni, c’était magnifique…

J’ai continué mon chemin, je savais qu’il fallait que j’aille vers l’Est .. Pas de difficulté particulière, pas de dénivelé … Les chemins étaient toujours très rocheux mais après une bonne heure, j’ai enfin vu du vert ! C’est la zone de villages que vous pouvez voir sur la carte.

N’hésitez pas à vous arrêter au premier village. Vous verrez qu’il est possible de manger et d’y dormir. Le polonais que j’ai rencontré la veille y était toujours pendant que je prenais le petit déjeuner (thé Marocain, une omelette et du pain). Le boss de cette “auberge” était très sympa !

Les paysages sont très variés étant donné que vous allez franchir sur votre route des petits villages. Je vous recommande de demander votre chemin à chaque fois que vois croisez des villageois car à un moment vous allez devoir quitter la route. Je me souviens d’un panneau indiquant la route vers Tagadirt. C’est la direction qu’il faut prendre mais vous devriez changer de col avant d’arriver à ce village.

Si vous arrivez finalement à ce village sans avoir bifurqué, pas d’inquiétude … Il y a un pont qui vous permettra de traverser et vous serez directement sur le bon chemin pour commencer l’ascension du Tizi Ouraine (3120 m).

Je me souviens que cette ascension a été éprouvante. Il y avait pas mal de dénivelé et il faisait chaud. Le dernier village que vous allez franchir s’appelle Amsouzart. C’est un village typique berbère avec un sacré dénivelé (ou c’est car j’étais fatigué !).

Lorsque vous avez passé le village, il est simple de trouver son chemin. Il suffit de suivre les traces et de toute façon, vous verrez bien le haut du sommet. Arrivé en haut, vous serez étonné de voir le village au loin que vous avez traversé comme le montre la photo ci-dessous.

J’ai un beau souvenir sur cette ascension malgré la difficulté que j’ai eu à franchir le sommet. J’avançais très doucement, c’était en pleine après-midi. Il y avait un berger et son fils en claquettes. Ils avaient tellement vites … On ne se comprenait pas mais je comprenais bien qu’ils se moquaient de moi ! J’aurai fait surement la même chose 😉

Une fois que vous changez de versant, vous n’avez qu’à descendre environ 300 mètres pour arriver à la rivière Assif n’Ourai. Vous allez être tellement contents d’être arrivés à ce niveau car quasi tout le reste du chemin se fait à travers un plat descendant. Si vous souhaitez faire une pause, je vous conseille de continuer quelques minutes car vous y trouverez un endroit sympathique pour tremper vos pieds dans la rivière (mais pas d’ombre !).

J’ai eu la chance de croiser des berbères sur cette rivière qui pêchaient à l’ancienne. Ils utilisaient des rochers pour dévier les courants et faire en sorte d’emmener les truites dans une impasse. J’ai trouvé ça très smart !

Le meilleur moment de mon trek au Maroc !

Je pensais poser ma tente près de la rivière juste avant le village Azib Tamenzit car il y a des emplacements prévu à cet effet mais j’étais en manque de provisions et c’est toujours une mauvaise idée de dormir près d’une zone d’eau à cause du froid. A ma grand désespoir, le village Azib Tamenzit était désert.

Je commençais à vraiment être KO de ma journée et j’avais vraiment faim. J’ai donc continué plus loin et j’ai rencontré cet homme qui m’a permis de vivre l’une des plus chouettes expériences de mon voyage à Azib Likemt (vue ci-dessous du chemin traversé) !

Cet homme, nommé Mohammed, était tranquillement en train de pêcher avant que je vienne lui parler. On ne se comprenait pas vraiment mais il a bien compris que j’avais faim. Il a été adorable et m’a offert du thé et du pain. J’étais soulagé et il faut avouer que le thé Marocain est un délice. Il m’a laissé tranquillement dégusté pour m’expliquer qu’il retournait pêcher (j’avais pas tout compris à ce moment là mais bon …).

Il m’a montré un tuyau d’eau derrière sa maison qui provenait de la source. J’ai donc pu me laver, services 5 étoiles ! Pendant que je me lavais, un cheval est venu m’embêter. Je ne savais pas ce qu’il avait lui … Bref, peu importe. A une vingtaine de mètres, je remarque une autre personne près d’une autre petite maison en pierre. C’était un vielle homme qui m’a demandé de venir. On ne se comprenait encore moins mais il était aussi adorable et m’a proposé de manger. Je n’avais plus faim mais j’ai bien évidemment tout mangé, je ne pouvais pas refuser sa courtoisie. C’est à ce moment là que j’ai appris à dire “du pain” en berbère :  Aghroum. (et je ne trouve pas comment écrire “du pain avec du beurre”).

Je n’ai pas pris beaucoup de photos de cette soirée mais je vais vous la raconter. Voici ci-dessous son fils qui parlait un peu anglais. C’est lui qui a été chargé de préparer les truites qu’il avait pêché. Je lui ai donné un coup de main pour les nettoyer mais bon, j’étais pas très doué par rapport à lui …

Voici où j’ai passé cette nuit …

Et voici la vue de l’autre côté !

J’ai dormi dans cette petite maison en pierre, c’était génial 😉

Vous n’allez pas me croire mais j’ai super bien dormi et j’étais au chaud.

Pour venir à ces truites, il m’a demandé de le suivre. J’étais perplexe mais je l’ai suivi sans broncher. Il m’a donné des racines sèches qu’il avait posé entre des roches. Je comprenais pas … Et puis, tout a été clair ! C’était pour les faire cuire pardi 😉

Et là vous vous dites qu’elles vont toutes cramées ces pauvres truites ?

Hé bien non, même pas. J’étais vraiment sur le *** ! Je ne l’étais pas à ce moment où j’ai pris cette photo ; ce ne fut que quelques minutes plus tard. Pendant que j’étais avec cet homme, le pêcheur avait préparé le repas. Nous l’avons rejoint chez lui dans sa maison en pierre. Il m’a invité à y rentrer.

C’était sombre. Pas surprenant au milieu des montagnes. Mais nous avions une bougie pour nous éclairer. Je me suis assis à côté du vielle homme sur le sol, les jambes allongées, le dos appuyé contre le mur de parpaing, et Mohammed et son fils étaient sur un petit tabouret. Mohammed avait préparé de la soupe. Elle était à base de fromage de vache (soupe blanche). Et ce qui a été génial, une expérience unique, bête me direz-vous, mais Mohammed m’a tendu un bol de cette soupe. J’étais vraiment heureux du moment que je vivais mais je l’ai donné au vielle homme. Ce n’est qu’une fois que cet homme avait terminé son bol de soupe que j’ai compris qu’il n’y avait qu’un bol. Le deuxième bol a donc été pour moi et ainsi de suite. Je me trouve un peu bête de vous expliquer ça mais je n’avais jamais partagé une soupe avec des amis en utilisant un seul et même bol sans le laver ou quoi que ce soit.

Nous avons fini cette soirée tranquillement en buvant du thé. Le fils est parti un peu plus tôt car il travaillait le lendemain, et je peux vous dire qu’il faut être motivé avec tout le dénivelé qu’il faut se taper, même avec un canasson ! Mes deux amis ont fait leurs prières (juste quelques minutes) et nous sommes partis nous coucher.

J’ai vraiment bien dormi et le ciel était encore rempli de milliers d’étoiles. Le lendemain matin fut le moment des adieux. J’étais tellement reconnaissant envers ces personnes qui m’ont accueilli, hébergé et nourri. J’ai toujours de la corde de randonnée sur moi en montagne, et j’avais de la crème anti-inflammatoire. J’ai donné un morceau de corde à chacun, et j’ai offert ma crème au vielle homme qui souffrait aux genoux. Et j’ai repris ma route !

Du point jaune N°4 au N°5 – Direction le village de Tachedirt.

Il fallait franchir le Tizi Likemt à 3540m depuis le village (2600m). Après une petite demi-heure, vous arriverez à un petit lac, ce qui signifiera que vous êtes sur le bon chemin. Mais loin d’avoir franchi la crête … Je m’en souviens très bien, plus vous avancerez, plus la vue sera à couper le souffle.

Et puis au sommet, vous n’allez pas y croire, un drapeau du Japon est collé sur la porte de la petite structure en béton. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai pas trouvé la raison !

Et bien évidemment, au début du mois de mai, nous revoilà sur la neige !

Vous serez content de voir au loin votre point de chute (Tachdirt) une fois l’autre côté de la montagne. La pente est rude dès le début. Faites attention, ça glisse ! Mais si vous êtes amateur de trail et que vous avez de l’énergie à revendre, vous pouvez descendre en courant/glissant, c’est le fun !

On s’y rapproche …

Vous allez arriver sur une route. Et pour rejoindre le village, il faudra soit faire le tour en suivant cette route, soit descendre dans un genre d’une petite vallée pour les agriculteurs et la remonter. A vous de voir …

La fameuse Tagine …

Est-ce que vous vous souvenez du guide que j’ai rencontré au lac d’Ifni ? Et bien je n’avais pas oublié et j’ai donc saisi l’opportunité de le chercher dans le village. J’avais quelques indications mais j’ai préféré demander aux villageois. Avant de le trouver, un villageois m’a invité chez lui en m’expliquant qu’il était le cousin d’Ibrahim. C’était un gros mytho et je suis sorti rapidement de chez lui. Il voulait juste passer un peu de temps avec un étranger à mon sens mais bon, j’ai préféré être vigilant.

J’ai fini par trouver Ibrahim grâce à des villageois. Il m’a présenté sa femme et ses enfants. J’ai eu la chance d’avoir un tas d’explications sur les berbères, leur tradition et leur quotidien (pas de VISA pour voyager par exemple ou la mise en place de l’électricité qu’en 2009 …). Et bien évidemment, j’ai eu la chance de manger sa tagine maison ! C’était un régale 😉

Ibrahim m’a expliqué qu’il était préférable que je reste cette nuit au village car dormir à Ilmil n’avait pas forcément un grand intérêt (car c’était mon plan initialement). Je l’ai donc écouté et il m’a emmené à une auberge de jeunesse qui était au milieu du village. Le boss était plutôt cool. Je ne me souviens plus du prix que j’ai payé mais cette auberge est référencée dans le Routard.

J’ai pu me reposer, prendre une vrai douche, et manger à nouveau. J’ai rencontré deux françaises des Alpes qui passaient par cette auberge (elles allaient dans le Nord contrairement à moi). Je leur ai prêté ma carte car j’en avais plus l’utilité et elles me l’ont renvoyées par la poste une fois rentrées en France. Honnêtes les Trekkeuses, non ?

La vue depuis l’auberge est quand même top ! J’ai aussi pu observer la vie dans le village. Elle est très paisible et on réalise à quel point la communauté est importante.

Par exemple, ce que vous voyez ci-dessous, ce sont des villageois qui aident tous un nouvel habitant qui vient de construire sa maison. Il faut relier toutes les évacuations à sa maison et tous les villageois sont venus l’aider naturellement. Dingue, non ? Le jour où je verrais ça en région parisienne …

La fin de mon Trek arrivait sur sa fin. J’ai donc passé la nuit dans cette auberge et Ibrahim devait aller à Asni le lendemain matin. Il m’a proposé de le rejoindre chez lui pour y aller ensemble, ce qui me permettait d’éviter de repasser par Imlil (il n’y a rien de spéciale à voir entre Imlil et Tachedirt). Nous avons donc attendu ensemble le bus sur les hauteurs du village précisément à l’endroit de la photo ci-dessous.

Je n’ai pas de photo de ce bus … mais imaginez un 8 ou 10 places que l’on retrouve sur un petit bus traditionnel. Vous enlevez tous les sièges à l’arrière, vous y placez un tabouret le long des parois du bus et vous pensez à une couleur jaune vintage. Maintenant imaginez 5 personnes à l’avant, 15 personnes à l’arrière, 4 personnes sur le toit, et 2 personnes à l’arrière du bus à l’extérieur. C’était mon bus, incroyable mais vrai !

Je crois me souvenir que j’ai payé 8 euros ce bus mais je pense avoir payé la place d’Ibrahim. J’ai ensuite pris un taxi à Asni avant de faire mes adieux à Ibrahim. Nous étions 4 à l’arrière et 3 à l’avant, véridique ! J’ai dû le payer 3 ou 4 euros. En se débrouillant un max comme un berbère du coin, on peut donc se rendre dans les montages pour moins de 15 euros. Challenge ?

La fin du séjour

Bref, j’ai terminé mon séjour à Marrakech`pendant 1 journée et demi. Le contraste entre cette ville arabe dédiée aux touristes et la chaleur des berbères en montagne était tellement grande, que j’étais pas loin de vouloir repartir dès que possible à Paris … Je ne vais donc pas vous parler de Marrakech même si j’ai visité la majorité de ce qu’on peut y faire !

Je vous recommande fortement le Maroc et les Atlas. C’est une aventure fantastique qu’il faut absolument faire si vous êtes amoureux des montagnes. Ne faites-pas uniquement un aller-retour pour le Toubkal, je vous assure, passez au moins une semaine dans le parc nationale, vous ne le regretterez pas ! Pour ma part, la prochaine fois, ça sera l’Anti-Atlas 😉

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Pre-Sales Engineer chez VMware France
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