Archives de catégorie : Humeur

Le (véritable) problème de la voiture sans chauffeur.

Au début des années 2000, moment du buzz qui avait été entretenu avant l’annonce du Segway, beaucoup de gens se demandaient ce que pouvait bien être cette chose étrange dont tous les grands patrons des plus grandes sociétés américaines parlaient.

Un soir, avec des amis et quelques bières, nous avions passé un bon bout de temps à nous demander ce que Segway pouvait bien avoir dans ses cartons. On nous disait essentiellement que cela allait révolutionner notre manière de nous déplacer, dans les villes mais également en dehors des villes. La soirée avançant, quelqu’un émis l’idée que cela pouvait peut-être être un système de téléportation. Après tout, on nous prédisait un truc énorme, alors pourquoi pas.

Et là, plus on réfléchissait à ce que pourrait être un système de téléportation, avec ses contraintes potentielles, mais surtout ses impacts, on en est très vite arrivé à la conclusion que cela ne pouvait pas être un système de téléportation. Pas pour des raisons techniques, on avait écarté la faisabilité de la chose pratiquement dès le départ, mais uniquement pour des questions économiques, voire politiques.

Reprenons quelques-unes de nos réflexions sur les impacts d’une telle technologie. En premier lieu, sur le marché des transports. Exit les compagnies d’aviation, fini les aéroports. Idem pour les gares, les ports, enfin tout ce qui touche aux transports de près ou de loin. A terme, le marché automobile disparaitrait sans doute également. Des milliers, voire des millions, d’emplois détruit.

Ensuite, le marché immobilier :si je peux me téléporter le matin à Paris devant mon bureau, est-ce que je continuerais à habiter un deux pièces pourri sans balcon ni jardin pour un loyer prohibitif en Ile-de-France ou bien est-ce que j’irais m’installer en Ardèche ou en Lozère dans un corps de ferme de six cents mètres carrés avec piscine ? Mieux, je pourrais même acheter une paillotte en bord de plage en Thaïlande ou au Mexique.

Encore un autre point pour conclure, mais il y en a des tas d’autres, celui de la souveraineté nationale et le contrôle des frontières et du déplacement des individus et des biens. C’est déjà compliqué à réguler par la route, la mer ou les airs, alors imaginez par téléportation.

Bref, malgré les bières, notre avis était clair, non seulement le projet de Segway ne pouvait pas être un téléporteur pour des raisons techniques, ce qui nous désolait, étant tous des fans inconditionnels de Star Trek, mais nous étions également convaincus que le premier qui inventerai un jour un téléporteur fonctionnel serait aussitôt mis hors d’état de nuire dans l’heure qui suivrait sa découverte.

Mais quel est le rapport avec le titre de cet article, me direz-vous. Eh bien pour la voiture sans chauffeur, on n’est pas loin d’être face à un phénomène similaire. Je m’explique :

Que vont devenir les radars et les policiers plantés au bord des routes dans le seul but de verbaliser le pauvre chauffard qui dépasse de 10 km/h la limite de vitesse quand nos voitures respecteront scrupuleusement la vitesse autorisée ? Fini également les opérations de contrôle d’alcoolémie à la sortie des boites de nuit. La voiture sera sobre à coup sûr. En revanche, plus de limite pour les fêtards, il va falloir penser aux sac à vomi dans les vide-poches.

Que vont devenir les chauffeurs de taxi, qui sont déjà dépassés par des services comme Uber ? Et les voituriers ? Et les places de stationnement minute ? Et les zones bleues ?

Que vont devenir les ASVP dont l’unique mission est de traquer les automobiles mal garées quand celle-ci n’auront plus besoin de se garer mais pourront faire le tour du quartier en attendant le retour de leur propriétaire ? Et les fourrières et leur lucratif business, elles vont devenir quoi si les voitures se mettent à fuir à l’arrivée de la remorqueuse ?

On peut continuer comme ça très longtemps et pousser le truc très loin. Par exemple avec les véhicules de transport pour personne malades se rendant à des soins. Pourquoi est-ce qu’on irait prendre un véhicule spécialisé alors que notre titine peut nous y conduire en toute sécurité.

Bref, la voiture sans chauffeur, une fois l’idée acceptée, le déploiement généralisé et le concept poussé à son terme, est un véritable disrupteur qui remet en cause certains fondements de la société et une partie de financements de l’Etat. Croyez-vous sincèrement celui-ci va laisser faire sans tenter de légiférer, souvent contre le progrès, et sans tenter de récupérer le manque à gagner ?

Viré de TF1 pour s’être opposé à Hadopi

Si la loi Création et Internet, dont le vote a été reporté au 12 mai, n’avait pas fait se déplacer les députés dans l’Hémicycle, elle a déjà suscité le licenciement par TF1 de son responsable du pôle innovation Web. Le quotidien Libération des 7 et 8 mai raconte comment Jérôme Bourreau-Guggenheim, 31 ans, "passionné par le Web", se retrouve à la porte de la chaîne privée, pour avoir émis un avis  – privé – défavorable à cette loi.

Son avis, il l’a adressé par courriel, le 19 février,  à sa députée du 17e arrondissement de Paris, Françoise de Panafieu. "Mes parents m’ont toujours appris que quand on n’est pas d’accord, plutôt que de critiquer, il faut agir", explique-t-il. Par quel enchaînement un simple courriel envoyé d’une adresse personnelle, peut-il conduire à un licenciement ? Un détour par le ministère de la culture, artisan de la loi dite Hadopi, s’impose.

En effet, le 4 mars, Jérôme Bourreau-Guggenheim "est convoqué par Arnaud Bosom, président de eTF1 qui s’occupe des activités numériques de la Une". "Et là, raconte M. Bourreau-Guggenheim, il me lit le mail mot à mot ! Et me dit qu’il ne peut pas laisser passer ça, que je n’ai pas le droit d’avoir cette opinion. Mais moi, je ne me suis pas écrasé, mon opinion est libre, et surtout je l’avais exprimée à titre privé dans une correspondance privée !" Le courriel, lui explique M. Bosom, a été transmis à Jérôme Counillon, directeur juridique de la chaîne, par le ministère de Christine Albanel, "même si aujourd’hui, officiellement, la Une dit n’en rien savoir", précise Libération. Interrogée par le journal, l’attachée parlementaire de Mme de Panafieu précise avoir transmis le courriel jugé "intéressant" au ministère de la culture pour simplement "obtenir un argumentaire".

Le 16 avril, M. Bourreau-Guggenheim reçoit sa lettre de licenciement, qui dénonce une "divergence forte avec la stratégie" de TF1 et dans laquelle on apprend que l’adoption de la loi est un "enjeu fort" pour la chaîne. "La stratégie de TF1, ironise Jérôme Bourreau-Guggenheim, c’est de gagner de l’argent, pas de soutenir une loi." Les prud’hommes vont être saisies "pour licenciement injustifié", "selon le code du travail, un employé ne peut pas être discriminé en fonction des ses opinions politiques". L’avocat de M. Bourreau-Guggenheim s’apprête aussi à saisir la Halde.

Le ministère de la culture, qui ne s’explique pas comment le courriel est arrivé à TF1, se dit "extrêmement surpris".

Source : Le Monde, Libé et merci à Matt de me l’avoir fait découvrir.

Club HIC

Franchement, je suis absolument désolé, mais je dois refaire un post sur Clubic… Je sais, j’avais promis d’arrêter, mais ils ne me laissent pas le choix.

En effet, ils viennent de mettre à jour un article sur « les outils de nettoyage de Windows Vista » !

Il faut savoir que contrairement à un lave-vaiselle ou à une mobylette, Windows Vista ne s’entartre pas et n’a pas besoin d’être vidangé.

Les outils de nettoyage sont en revanche responsables de plus de 50% des problèmes rencontrés par les utilisateurs « lambda » de Windows Vista.

Donc : si vous voulez avoir une machine en bon état, deux règles simples :

1/ n’installez que ce dont vous avez vraiement besoin.

2/ n’utilisez JAMAIS les logiciels suivants : FixIt Utilities 9, TuneUp Utilities 2009, System Mechanic 8, Desktop Maestro 3, Norton System Works 12 Basic, et Norton Utilities 14

Hors Sujet

[View:http://www.dailymotion.com/video/x8c5s5_la-verite-du-president-le-pen-inter_news:0:550]

Pour les mal-comprenants qui auraient encore du mal à entrevoir quel rapport il peut y avoir entre l’extrême-droite, la frange brune-verte de la gauche alter-mondialiste, le hamas, un ex-humoriste plus vraiment drôle, un écrivain raté passé du parti communiste au FN, l’iran, et quelques autres joyeusetés…

Gartner à vif

Bon, promis, je fais celui là et ensuite j’arrête avec Clubic, c’est trop facile et on va dire que je m’acharne. Demain je retourne sur Génération-NT et Ecrans, je le jure. Donc, cette fois ci l’article qui nous intéresse s’appelle : « Quand le multicore affecte l’optimisation du logiciel », ce qui est la traduction et l’adaptation (on appelle ça de la localisation) des titres anglais « Multi-Core Processors Outpacing Key Business Software » et « Multi-Core Microprocessors Too Powerful for Modern Software: Report ». Ben oui, parce que ce que ne dit pas Clubic (ni tous les autres webzines français d’ailleurs, soyons magnanimes), c’est que 99,9% des news sont en fait des pillages de news US, parfois japonaises ou chinoises, voire anglaises ou même allemandes. Les news françaises, pour le trouver, il faut aller les chercher sur les petits, chez les laborieux, les discrets, ceux qui se font chier à produire du contenu. L’article dont nous parlons provient donc d’Informationweek , célèbre gazette en ligne US d’une part et de xbitlabs, un genre de hardware.fr qui aurait les moyens de ses ambitions d’autre part.

Alors de quoi ça parle : « Selon une étude du cabinet Gartner, rapportée par le site XBitLabs, la tendance actuelle qui tend à doubler le nombre de cœurs au sein du processeur d’une machine finira par faire que les performances des puces surpasseront les capacités maximales prises en charge par les logiciels, notamment sur les serveurs des entreprises. ». Bon, j’ai corrigé les fautes de l’original, attachons nous donc au fond. Ca dit quoi : 1/ les processeurs sont de plus en plus balaizes, 2/ peu d’applications exploitent le multithreading des processeurs multicore, 3/ les applications des entreprises n’ont pas besoin d’autant de puissance. So what? La puissance des processeurs a toujours évolué. Il existe des applications d’entreprise qui dans certain cas ont été créées il y a plus de 20 ou 30 ans. Les applications d’entreprise sont en perpétuelle évolution, c’est même le gagne pain de nombreuses sociétés de service. Il est où le scoop ?

Et Clubic continue (à traduire) : Carl Claunch, vice-président du cabinet d’analyse [Gartner, et non pas d’Urine] explique que beaucoup d’applications devront être mises à jour pour tirer un réel profit des configurations matérielles d’aujourd’hui et de demain. « C’est comme si l’on essayait de mettre un moteur de Ferrari dans un chariot de supermarché, les performances sont bien là, mais le châssis n’est pas optimisé pour en tirer réellement parti. », explique-t-il. Alors là, je dis bravo Gartner ! Et merci, c’est vraiment profond… Allez, juste pour la bonne bouche, je recolle le passage le plus intense : « beaucoup d’applications devront être mises à jour pour tirer profit des configurations matérielles d’aujourd’hui et de demain. ». Non ?! Sans déconner !!! Et pour les configurations matérielles d’après-demain, on fait comment ? Je n’insiste pas sur la métaphore (ou l’image, je sais jamais bien faire la différence) du moteur de Ferrari, les amateurs apprécieront.

Et on fini par le bouquet final : « En moyenne, le nombre d’unités de calcul par processeur double tous les deux ans soit par l’augmentation du nombre de cœurs ou par des technologies comme l’hyperthreading, estime Gartner. »… Ou par l’augmentation de la fréquence ou du nombre de transistors, ce n’est jamais que la loi de Gordon Moore, sauf que Moore l’a énoncée en 1965…

Et le journaliste de conclure : « Si l’on part du principe qu’en 2009, un serveur équipé de 32 processeurs à 8 cœurs permettrait de totaliser 256 unités de calcul, on atteindrait en 2011 512 unités de calcul (32 processeurs à 16 cœurs), puis 1024 en 2013. ». Yeah! Au moins il sait compter.

Ma propre conclusion : 1/ les mecs de chez Gartner sont définitivement brillants, ils sont capables d’asséner des banalités sans borne ou des vérités universelles connues et éculées comme la loi de Moore en s’en attribuant la paternité sans broncher un seul sourcil. 2/ La question a déjà été posée un nombre incalculable de fois : « le 8086 trop puissant pour CP/M ? », « Le 286 ne sert-il a rien ? », « 386, la puissance inutile en entreprise », « 486DX33, le monstre réservé aux jeux 3D », « Pentium 75mhz, la course à la vitesse », « Pentium II, pas nécessaire pour la bureautique », « Le minitel est-il menacé ? », etc…  3/ Clubic traduit et publie absolument n’importe quoi, ça fait toujours une news en plus. 4/ Il y a toujours tout un tas d’individus prêts à écouter les conneries du Gartner, il y en a même qui payent pour ça. 5/ Il y a aussi tout un tas de cons qui réagit sur le forum de Clubic, même sur des articles aussi creux que celui-ci.

Zéro + zéro = la tête à Umberto Eco

Je l’aimais bien Umberto Eco. Ce côté italien déguisé en lord anglais avec sa pipe et son chien, ce recul et cette vision un peu décalée sur les choses du monde, cette nonchalance qui laisse le temps à la pate à pizza de monter, cette culture quasi sans limite mais que l’on distille avec prudence pour ne pas paraitre trop pédant, un peu comme on déguste par petits morceaux un Parmigiano Reggiano affiné pendant 48 mois. La grande classe en tweed quoi !

En puis paf ! Sur quoi je tombe ! Un billet d’humeur du Grand Umberto dans Libé. Enfin non, pas dans Libé, dans « Ecrans, un site de Libération ». Ecrans, pour ceux qui ne lisent jamais autre chose que Génération NT, Jeux-Vidéo.com et Pif Parade, c’est l’organe officiel de propagande de Linux et de tout ce qui peut faire chier Microsoft, se drapant dans une pseudo-sous culture multimédia, comme si Mario ou un ridicule palmipéde étaient forcément des vecteurs de culture bien plus légitimes qu’un papillon multicolore.
Donc, dans ce billet, j’apprends que la principale source d’information de notre latin débonnaire quant il s’agit d’informatique sont les blogs des utilisateurs… Et c’est donc à partir de l’avis éclairé de ces utilisateurs qu’il va nous tartiner trois pages sur les horreurs de Windows Vista (« un copain m’a dit que c’est de la merde, ça doit être vrai » je résume la pensée du maestro, toujours pour les lecteurs de Génération NT cités précédemment) et après force digressions sur les bienfaits du « downgrading » (‘tain ça claque ! Enfin bon, j’aimerais l’entendre prononcer avec l’accent toscan ou calabrais, ça doit moins chier à l’oreille tout de suite), le gros piémontais barbu conclu par divers autres exemples prouvant les limites du progrès technique (Concorde, la petite cuiller, la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave), rejoignant ainsi les Cabrel et autres Bové, chantres de la décroissance et de la ruralité séculaire ou peut-être des potes à lui sous-marinant au Club de Rome, se frottant à des Bacon (Francis, pas Herta), Diderot ou Condorcet qui eux n’avaient pas besoin de l’avis des moutons du Web2.0 pour écrire quelque chose d’intelligent.

Second post

Le second post (qu’on peut également et indiférement appeler le deuxième, n’en déplaisent à certains esprits chagrins cherchant à se rendre toujours plus intéressants) est en général beaucoup plus compliqué à produire que le précédent (le premier donc, celui qui systématiquement s’appelle Hello World ou toto).

Dans mon cas, je viens de brillamment de m’en sortir…

Vivement le troisième (qui lui bizarrement n’amène habituellement aucune polémique ni sur sa dénomination, ni sur la complexité de création de son contenu).