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Viré de TF1 pour s’être opposé à Hadopi

Si la loi Création et Internet, dont le vote a été reporté au 12 mai, n’avait pas fait se déplacer les députés dans l’Hémicycle, elle a déjà suscité le licenciement par TF1 de son responsable du pôle innovation Web. Le quotidien Libération des 7 et 8 mai raconte comment Jérôme Bourreau-Guggenheim, 31 ans, "passionné par le Web", se retrouve à la porte de la chaîne privée, pour avoir émis un avis  – privé – défavorable à cette loi.

Son avis, il l’a adressé par courriel, le 19 février,  à sa députée du 17e arrondissement de Paris, Françoise de Panafieu. "Mes parents m’ont toujours appris que quand on n’est pas d’accord, plutôt que de critiquer, il faut agir", explique-t-il. Par quel enchaînement un simple courriel envoyé d’une adresse personnelle, peut-il conduire à un licenciement ? Un détour par le ministère de la culture, artisan de la loi dite Hadopi, s’impose.

En effet, le 4 mars, Jérôme Bourreau-Guggenheim "est convoqué par Arnaud Bosom, président de eTF1 qui s’occupe des activités numériques de la Une". "Et là, raconte M. Bourreau-Guggenheim, il me lit le mail mot à mot ! Et me dit qu’il ne peut pas laisser passer ça, que je n’ai pas le droit d’avoir cette opinion. Mais moi, je ne me suis pas écrasé, mon opinion est libre, et surtout je l’avais exprimée à titre privé dans une correspondance privée !" Le courriel, lui explique M. Bosom, a été transmis à Jérôme Counillon, directeur juridique de la chaîne, par le ministère de Christine Albanel, "même si aujourd’hui, officiellement, la Une dit n’en rien savoir", précise Libération. Interrogée par le journal, l’attachée parlementaire de Mme de Panafieu précise avoir transmis le courriel jugé "intéressant" au ministère de la culture pour simplement "obtenir un argumentaire".

Le 16 avril, M. Bourreau-Guggenheim reçoit sa lettre de licenciement, qui dénonce une "divergence forte avec la stratégie" de TF1 et dans laquelle on apprend que l’adoption de la loi est un "enjeu fort" pour la chaîne. "La stratégie de TF1, ironise Jérôme Bourreau-Guggenheim, c’est de gagner de l’argent, pas de soutenir une loi." Les prud’hommes vont être saisies "pour licenciement injustifié", "selon le code du travail, un employé ne peut pas être discriminé en fonction des ses opinions politiques". L’avocat de M. Bourreau-Guggenheim s’apprête aussi à saisir la Halde.

Le ministère de la culture, qui ne s’explique pas comment le courriel est arrivé à TF1, se dit "extrêmement surpris".

Source : Le Monde, Libé et merci à Matt de me l’avoir fait découvrir.

Zéro + zéro = la tête à Umberto Eco

Je l’aimais bien Umberto Eco. Ce côté italien déguisé en lord anglais avec sa pipe et son chien, ce recul et cette vision un peu décalée sur les choses du monde, cette nonchalance qui laisse le temps à la pate à pizza de monter, cette culture quasi sans limite mais que l’on distille avec prudence pour ne pas paraitre trop pédant, un peu comme on déguste par petits morceaux un Parmigiano Reggiano affiné pendant 48 mois. La grande classe en tweed quoi !

En puis paf ! Sur quoi je tombe ! Un billet d’humeur du Grand Umberto dans Libé. Enfin non, pas dans Libé, dans « Ecrans, un site de Libération ». Ecrans, pour ceux qui ne lisent jamais autre chose que Génération NT, Jeux-Vidéo.com et Pif Parade, c’est l’organe officiel de propagande de Linux et de tout ce qui peut faire chier Microsoft, se drapant dans une pseudo-sous culture multimédia, comme si Mario ou un ridicule palmipéde étaient forcément des vecteurs de culture bien plus légitimes qu’un papillon multicolore.
Donc, dans ce billet, j’apprends que la principale source d’information de notre latin débonnaire quant il s’agit d’informatique sont les blogs des utilisateurs… Et c’est donc à partir de l’avis éclairé de ces utilisateurs qu’il va nous tartiner trois pages sur les horreurs de Windows Vista (« un copain m’a dit que c’est de la merde, ça doit être vrai » je résume la pensée du maestro, toujours pour les lecteurs de Génération NT cités précédemment) et après force digressions sur les bienfaits du « downgrading » (‘tain ça claque ! Enfin bon, j’aimerais l’entendre prononcer avec l’accent toscan ou calabrais, ça doit moins chier à l’oreille tout de suite), le gros piémontais barbu conclu par divers autres exemples prouvant les limites du progrès technique (Concorde, la petite cuiller, la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave), rejoignant ainsi les Cabrel et autres Bové, chantres de la décroissance et de la ruralité séculaire ou peut-être des potes à lui sous-marinant au Club de Rome, se frottant à des Bacon (Francis, pas Herta), Diderot ou Condorcet qui eux n’avaient pas besoin de l’avis des moutons du Web2.0 pour écrire quelque chose d’intelligent.

Second post

Le second post (qu’on peut également et indiférement appeler le deuxième, n’en déplaisent à certains esprits chagrins cherchant à se rendre toujours plus intéressants) est en général beaucoup plus compliqué à produire que le précédent (le premier donc, celui qui systématiquement s’appelle Hello World ou toto).

Dans mon cas, je viens de brillamment de m’en sortir…

Vivement le troisième (qui lui bizarrement n’amène habituellement aucune polémique ni sur sa dénomination, ni sur la complexité de création de son contenu).