Zéro + zéro = la tête à Umberto Eco

Je l’aimais bien Umberto Eco. Ce côté italien déguisé en lord anglais avec sa pipe et son chien, ce recul et cette vision un peu décalée sur les choses du monde, cette nonchalance qui laisse le temps à la pate à pizza de monter, cette culture quasi sans limite mais que l’on distille avec prudence pour ne pas paraitre trop pédant, un peu comme on déguste par petits morceaux un Parmigiano Reggiano affiné pendant 48 mois. La grande classe en tweed quoi !

En puis paf ! Sur quoi je tombe ! Un billet d’humeur du Grand Umberto dans Libé. Enfin non, pas dans Libé, dans « Ecrans, un site de Libération ». Ecrans, pour ceux qui ne lisent jamais autre chose que Génération NT, Jeux-Vidéo.com et Pif Parade, c’est l’organe officiel de propagande de Linux et de tout ce qui peut faire chier Microsoft, se drapant dans une pseudo-sous culture multimédia, comme si Mario ou un ridicule palmipéde étaient forcément des vecteurs de culture bien plus légitimes qu’un papillon multicolore.
Donc, dans ce billet, j’apprends que la principale source d’information de notre latin débonnaire quant il s’agit d’informatique sont les blogs des utilisateurs… Et c’est donc à partir de l’avis éclairé de ces utilisateurs qu’il va nous tartiner trois pages sur les horreurs de Windows Vista (« un copain m’a dit que c’est de la merde, ça doit être vrai » je résume la pensée du maestro, toujours pour les lecteurs de Génération NT cités précédemment) et après force digressions sur les bienfaits du « downgrading » (‘tain ça claque ! Enfin bon, j’aimerais l’entendre prononcer avec l’accent toscan ou calabrais, ça doit moins chier à l’oreille tout de suite), le gros piémontais barbu conclu par divers autres exemples prouvant les limites du progrès technique (Concorde, la petite cuiller, la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave), rejoignant ainsi les Cabrel et autres Bové, chantres de la décroissance et de la ruralité séculaire ou peut-être des potes à lui sous-marinant au Club de Rome, se frottant à des Bacon (Francis, pas Herta), Diderot ou Condorcet qui eux n’avaient pas besoin de l’avis des moutons du Web2.0 pour écrire quelque chose d’intelligent.

Laurent

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