Le Cloud Privé Microsoft : où en est-on aujourd’hui ?

Pour ceux ayant eu la chance d’assister aux Microsoft TechDays 2012 l’année dernière et à ses nombreuses sessions techniques, vous avez pu constater que le Cloud Computing (Cloud Privé et Cloud Publique) était dignement présenté comme étant l’invité d’honneur de ce grand évènement. En effet, durant ces trois jours de présentations intenses, les évangélistes de Microsoft ont prêché la bonne parole au public afin de leur faire inculquer l’informatique de demain : « l’informatique dans les nuages … ».

 

Pour la plupart des spectateurs, l’atterrissage sur la planète Terre ou plutôt dans les nuages a été un peu plus compliqué et mouvementé que prévu. L’expression « Se sentir comme sur un nuage …» perdait alors tout son sens pour les informaticiens et les DSI présents. Les nombreuses interrogations tournaient alors autour des trois questions suivantes :

 

« Comment peut-on héberger toute notre infrastructure et nos applications sur Internet ? »

« Qu’est-ce que le Cloud Privé ? »

« Comment peut-on facturer une autre Business Unit de notre société ? »

 

 

Il est parfaitement compréhensible que certaines personnes soient perplexes et rétissantes à l’idée de ne plus maitriser la gestion de leur infrastructure MAIS il est très important de rappeler le fait qu’un Cloud peut être également un Cloud d’entreprise au sein des différents Datacenter de la société. On parle alors de Cloud Privé qui correspond simplement aux évolutions des centres de données devenus virtualisés tels que nous pouvons les rencontrer aujourd’hui chez nos clients ou en interne.

 

Rappel :

Le Cloud Privé est souvent simplifié ou réduit à l’Infrastructure as a Service (IaaS) : la mise en œuvre d’un centre de service à valeurs ajoutées au niveau de l’informatique de l’entreprise afin de transformer son Système d’Information et de proposer ainsi un catalogue de services à tous les utilisateurs et aux différentes entités business.

 

 

L’année dernière, les TechDays 2012 se focalisaient sur la solution de Cloud Privé de Microsoft déployée aux moyens de leur hyperviseur Hyper-v et de la gamme System Center. J’avais, pour l’occasion, écrit un article en grande pompe sur le sujet. Un an après, les TechDays 2013 approchent à grands pas (64 jours environ) et me voilà toujours là pour vous écrire un autre article sur le même sujet. En revanche, 12 mois se sont passés entre la prise de connaissance du public et la mise en œuvre de cette solution. Par conséquent, où en est-on ? Est-ce que les entreprises françaises ont adhéré au Cloud Privé ? Quelle est la température sur le terrain ? Tout le monde se pose à mon avis ces questions … C’est donc ce que nous allons élucider à travers cet article.

 

Le Cloud Privé par ci, le Cloud Privé par là … Lorsque j’aborde le sujet avec des clients ou des informaticiens, j’ai toujours l’impression de marcher sur des épines et de provoquer chez la plupart de l’urticaire rien qu’à l’idée d’en parler. Mais pourquoi les français sont-ils autant frileux et répulsifs sur la mise en place de cette solution ? Ont-ils été traumatisés par la force marketing de Microsoft ? C’est ce dont j’essaie réellement de comprendre et d’analyser à travers les différents témoignages recueillis cette année mais cela me rend quelque peu dubitatif pour ne rien vous cacher. Je vais donc vous donner deux exemples concrets pour illustrer mon argumentaire.

 

Cas n°1

En intervention chez un client pour effectuer de l’expertise sur Hyper-v et SCVMM 2008 R2, j’ai voulu abordé le sujet du Cloud Computing pour mesurer la température. Après quelques mots, j’ai tout de suite compris que le client était complètement retissant à ce concept. Commençaient alors de longues phrases rédhibitoires telles que « Je ne saurai pas où sont stockées mes données », « Je n’aurai pas la main sur mon infrastructure » ou encore « A quoi me servirait de déployer un catalogue de services ? » …

 

Cas n°2

Un client grand compte m’a sollicité afin de déployer une architecture de virtualisation Hyper-v + SCVMM 2012 au sein de ses deux Datacenter. Malgré cette rationalisation importante et ambitieuse, la DSI est encore assez frileuse quant au fait de virtualiser leurs serveurs et donc de ne plus avoir la main mise sur leurs matériels physiques. Par conséquent, une roadmap sur 5 ans a été définie afin de franchir les étapes au fur et à mesure. Pourquoi suis-je en train de vous raconter cela ? Pour la simple et bonne raison que les fondations d’un Cloud Privé n’est autre que la virtualisation du Datacenter …

 

 

En entendant ces quelques cas d’école nous pouvons être préoccupés quant à l’avenir du Cloud Privé dans les sociétés françaises et à son essor. Quand je lis un article publié par le magazine 01net stipulant que seuls 19% des français se disent utilisateurs de services Cloud ou encore que pour 1 américain sur 3, le Cloud est un vrai nuage, je ne peux être que sans voix. D’ailleurs, ce même sondage annonce que 51% des américains pensent « qu’un orage pourrait interférer avec le Cloud Computing ». Et vous, qu’en pensez-vous ? L’armée marketing Microsoftee n’a donc pas réussi à élaborer son plan d’attaque où le monde n’est-il tout simplement pas prêt à utiliser toutes ces nouvelles technologies ? En ayant eu une discussion sur le sujet avec mes amis MVP et les équipes produits, je pense sincèrement que les clients français reviennent aujourd’hui aux priorités et aux besoins métiers plus que par le passé comme le montre cette courbe :

 

CloudPrive

 

 

 

Nous avons en France une multitude de TPE et de PME. Pensez-vous sincèrement que ce type d’entreprises ont une réelle nécessité à se voir déployer toute la gamme System Center (SCVMM, SCOM, SCCM, SCSM ou encore Orchestrator) au sein de leur infrastructure ? Je ne vois pas une PME de 50 personnes mettre en place une architecture Service Manager en sachant qu’elle ne compte que 6 serveurs. A l’heure actuelle, pour toutes les sociétés françaises, déployer un Cloud Privé est tout simplement superficiel si ce dernier ne répond pas aux besoins métiers. Car ne l’oublions pas, avant de mettre en place des couches de technologies optimisées, il est de notre devoir de comprendre l’entreprise et son cœur de métier. Au final, nous ne pouvons qu’adhérer à cette conclusion. Au final de l’opération, il peut y avoir toute la publicité et tout l’accompagnement que vous voulez sur le Cloud Privé auprès des entreprises, mais pour les clients, la question primordiale qui subsiste est

« Comment le Cloud Privé peut-il m’aider à être plus compétitif dans mon secteur d’activité ? »

 

A ce moment précis, nous ne devons plus penser technique, virtualisation ou encore System Center mais nous devons absolument modifier notre état d’esprit et nous focaliser sur les besoins fonctionnels. Qu’est-ce que ce concept va apporter concrètement à nos clients ? C’est bien là toute la philosophie actuelle des Directeurs Informatiques et tant que les sociétés de service ne changeront pas de vision et de mentalité sur le sujet, cela ne fera en aucun cas avancer le schmilblick.

 

 

Après plus d’un an à lire les différents articles sur le sujet, à me rendre aux sessions techniques, il est évident que cette dématérialisation est une grande évolution majeure et un grand pas pour le monde de l’informatique : l’aboutissement à son adoption devra se faire, que ce soit aujourd’hui ou dans les années à venir. A chacun de voir midi à sa porte. Qui n’a pas rêver d’accélérer les process IT de nos sociétés et de nos clients … Imaginez le gain de temps en déployant un Cloud Privé au sein d’une infrastructure : disposer d’une automatisation des déploiements des serveurs à la demande déjà installés et configurés. Ne plus attendre des semaines voire des mois entiers pour recevoir le matériel physique du fournisseur. C’est une avancée considérable pour toutes les équipes projets et toutes les équipes métiers. Car n’oublions pas qu’à notre époque, le temps c’est de l’argent. En revanche, et à ce moment je parle aux consultants passionnés par leur travail, il est primordiale de garder à l’esprit que le client est roi et qu’il faut avant tout l’écouter et comprendre ses besoins, ses doutes sur comment améliorer sa productivité afin d’être beaucoup plus compétitif sur son secteur d’activité. En l’accompagnant sur cette philosophie vous ne pourrez qu’y gagner et sortir vainqueur en vous disant que vous êtes au service et à l’écoute de l’utilisateur …

 

 

 

David LACHARI – Le savoir ne vaut que s’il est partagé …

becloud

Passionné par la virtualisation, David est MVP Virtual Machine depuis 2010. Il intervient quotidiennement auprès de grands comptes afin de définir et déployer des architectures virtuelles. David est le fondateur de la société VSTART, spécialisée dans le conseil et l’expertise des solutions de virtualisation Microsoft.
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Passionné par la virtualisation, David est MVP Virtual Machine depuis 2010. Il intervient quotidiennement auprès de grands comptes afin de définir et déployer des architectures virtuelles. David est le fondateur de la société VSTART, spécialisée dans le conseil et l’expertise des solutions de virtualisation Microsoft.

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